Site vitrine ou application web — comment choisir
En bref
Un site vitrine sert à convaincre quelqu'un qui ne vous connaît pas encore. Une application web sert à faire travailler quelqu'un qui vous connaît déjà. Si votre besoin est de vendre, c'est un site. Si votre besoin est de remplacer un tableur, c'est une application — ou, plus souvent qu'on ne le croit, un logiciel existant.
La confusion entre les deux coûte cher, dans les deux sens. Des entreprises paient une application sur mesure pour un besoin que trois pages auraient couvert. D'autres passent deux ans à faire tenir un métier entier dans un site vitrine et une pile de tableurs.
La question qui tranche
Posez-vous celle-ci : la personne qui utilise cet outil est-elle connectée ?
Si la réponse est non — l'utilisateur est un visiteur anonyme que vous cherchez à convaincre — vous avez besoin d'un site.
Si la réponse est oui — l'utilisateur a un compte, ses propres données et des actions à effectuer — vous avez besoin d'une application.
Cette question paraît simpliste, mais elle a le mérite de résister aux discussions. Tout ce qui suit en découle : la sécurité, la sauvegarde, les droits d'accès, la maintenance, le coût.
Ce qui relève du site vitrine
- Expliquer ce que vous vendez et à qui.
- Montrer des preuves : études de cas, chiffres, témoignages.
- Répondre aux objections avant l'appel commercial.
- Capter une demande de contact ou de devis.
- Publier du contenu pour être trouvé sur les moteurs de recherche.
Un bon site vitrine est un outil commercial. Il se juge à un seul chiffre : le nombre de demandes qualifiées qu'il génère par mois.
Ce qui relève de l'application web
- Suivre l'état de quelque chose qui change : commandes, dossiers, stocks.
- Permettre à un client de faire lui-même ce qu'il vous demande aujourd'hui par email.
- Faire respecter un processus métier avec des étapes et des validations.
- Faire communiquer deux systèmes qui ne se parlent pas.
Une application se juge au temps qu'elle fait gagner, ou aux erreurs qu'elle empêche.
La troisième option, celle qu'on oublie
Avant de faire développer quoi que ce soit, listez vos dix cas d'usage principaux et cherchez sérieusement trois produits existants.
Si l'un d'eux couvre huit cas sur dix pour 80 € par mois, prenez-le. Vous paierez 960 € par an au lieu de 30 000 € une fois, plus la maintenance. Les deux cas non couverts vous coûteront moins cher en contournement manuel que le développement sur mesure ne vous coûtera en évolution.
Le sur-mesure ne devient rentable que dans deux situations : votre processus est réellement différent de celui de vos concurrents et c'est ce qui vous fait gagner, ou vous êtes assez gros pour que le coût des abonnements dépasse celui du développement.
Le cas fréquent — les deux, dans cet ordre
Beaucoup d'entreprises ont besoin des deux, mais rarement en même temps.
La séquence qui fonctionne : d'abord le site, parce qu'il génère du chiffre d'affaires et qu'il est rapide à livrer. Ensuite l'application, financée par ce que le site a rapporté, une fois que vous savez précisément ce dont vos clients ont besoin.
L'inverse — construire l'outil interne d'abord et refaire le site « plus tard » — laisse en général une entreprise avec un bel outil et aucun nouveau client pour s'en servir.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un site vitrine et une application web ?
Un site vitrine présente une offre à des visiteurs anonymes et cherche à déclencher une prise de contact. Une application web demande une connexion et permet à un utilisateur identifié d'effectuer des actions — consulter des données, remplir un dossier, suivre une commande. La frontière passe par l'authentification et par la présence de données propres à chaque utilisateur.
Peut-on commencer par un site et ajouter une application plus tard ?
Oui, et c'est souvent la bonne séquence. Un site vitrine bien construit peut accueillir un espace client plus tard sans être refait, à condition que le choix technique initial le permette. Précisez cette intention dès le cadrage.
Un espace client, est-ce un site ou une application ?
C'est une application, même s'il ne comporte que trois écrans. Dès qu'il y a une connexion, des données par utilisateur et des droits d'accès, vous entrez dans une logique d'application — avec les questions de sécurité, de sauvegarde et de maintenance qui vont avec.
Comment savoir si un logiciel du marché suffirait ?
Listez vos dix cas d'usage principaux et cherchez trois produits existants. Si l'un d'eux en couvre huit pour un abonnement raisonnable, prenez-le. Le sur-mesure ne se justifie que si votre processus est un avantage concurrentiel ou si les contournements coûtent déjà plus cher que l'outil.